En six semaines, la colère des lycées est sortie des établissements. Partie de Créteil, elle a gagné Milan, Bruxelles et Berlin. Elle parle de classes surchargées, puis de vie chère, puis de conscription. Dans le même temps, des réseaux russes publient des centaines de messages coordonnés, des supermarchés voient leurs congélateurs piratés et les sites de l’État tombent sous les attaques par déni de service. Rien ne prouve que Moscou ait allumé ce feu. Tout indique qu’elle l’alimente. Cet article analyse le mécanisme à travers la Boussole stratégique européenne, du niveau continental jusqu’à votre entreprise, et montre pourquoi votre légitimité d’industriel de la défense se joue désormais aussi dans la rue.
Nuit du 11 au 12 octobre 2026. Dans plusieurs supermarchés français, des écrans de contrôle affichent des températures anormales. Les consignes de température de meubles réfrigérés et de congélateurs auraient été modifiées à distance, entraînant une rupture de la chaîne du froid et la destruction de produits alimentaires dans plusieurs centaines de magasins selon certaines estimations. Le matin, les rayons sont vides.
Cinq jours plus tard, la journée du 17 octobre réunit dans la rue lycéens, anciens Gilets jaunes et salariés sur le thème de la vie chère. Le total des dégâts pour cette seule journée devrait dépasser ceux des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, à l’été 2023, les premiers retours des assurances évaluant un coût supérieur à un milliard d’euros.
Coïncidence ? Peut-être. Les enquêteurs restent prudents : aucune des sources consultées à la date de rédaction n’établit formellement le mode opératoire exact. Mais pour un dirigeant de la défense, la question n’est pas de savoir qui a piraté les congélateurs.
La question est de comprendre comment une panne, une colère et un récit se combinent pour peser sur les choix stratégiques d’un continent qui se réarme.
Une colère européenne bien réelle, et c’est ce qui la rend exploitable
De Créteil à Berlin : la propagation
En France, le mouvement est parti de revendications précises. Les revendications portent sur le manque d’enseignants et de personnels, les conditions matérielles des établissements, les sureffectifs des classes en lycée, les emplois du temps au lycée et la pression liée au système d’admission post-bac Parcoursup. Dès le 6 octobre, quelque 266 000 manifestants, lycéens, étudiants, mais aussi professeurs, parents et syndicalistes, ont été recensés par le ministère de l’Intérieur.
Puis le mouvement a dépassé l’école. Le 31 octobre, revendications lycéennes, vie chère, racisme : les manifestations ont agrégé les colères en France pour un troisième samedi consécutif de mobilisation.
Le phénomène est européen. Des manifestations ont eu lieu en France, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Albanie, en Irlande, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en République tchèque, en Serbie, au Luxembourg, en Lituanie et en Pologne.
Pays Déclencheur Bascule Lien avec la défense France Moyens des lycées, Parcoursup Vie chère, émeutes, pillages Pays parmi les plus ciblés par l’influence russe Italie Conditions d’études Transporteurs routiers et agriculteurs rejoignent le mouvement à cause du prix du gazole Slogans pour l’éducation, contre les armes Allemagne Coupes dans l’éducation Près de 180 000 inscrits dans 34 villes Conscription militaire parmi les revendications Pologne Crise du Tribunal constitutionnel Accusations de « coup d’État » Pays charnière du soutien à l’Ukraine
Le dénominateur commun : le portefeuille
Il ne faut pas se tromper de lecture. The Economist a noté que les manifestations et les émeutes portaient principalement sur « le coût de la vie et la dégradation des services publics » et que les récits de droite attribuant les troubles à l’immigration, aux musulmans, à la race et à la religion étaient inexacts.
Le contexte économique pèse lourd. En Italie, le blocage des routiers, indignés par la hausse du prix du carburant après la guerre en Iran, a stoppé la production de mozzarella de bufflonne et de certaines pâtes. De graves pénuries de carburant et des rayons de supermarchés vides ont été signalés dans le sud de l’Italie.
Pourquoi la Gen Z est en première ligne
Cette génération manifeste sans chefs identifiables et s’organise sur des réseaux éphémères. Pour l’analyste comme pour le préfet, c’est un angle mort. Marion Solletty, autrice des Agents du chaos, le souligne : la détection est difficile, en partie parce que cela se passe sur des réseaux comme Snapchat, qui fonctionnent de manière instantanée et où les contenus disparaissent.
Le mouvement dépasse l’Europe. Selon le Carnegie Endowment for International Peace, à mars 2026, il y a eu au moins 120 « manifestations antigouvernementales significatives » dans au moins 73 pays sur les 12 derniers mois, le chiffre le plus élevé depuis 2017.
À retenir : une colère sans leader, organisée sur des messageries éphémères et fondée sur des griefs réels est le terrain idéal pour une puissance qui veut amplifier sans être vue.
La Boussole stratégique comme grille de lecture : la menace hybride en action
Ce que l’Union avait déjà décrit en 2022
L’Union n’a pas découvert la menace hybride en octobre 2026. Dans sa Boussole stratégique, elle écrivait déjà que des acteurs étatiques et non étatiques utilisent des stratégies hybrides, des cyberattaques, des campagnes de désinformation, l’ingérence directe dans nos élections et nos processus politiques.
Les Vingt-Sept ont prévu une réponse. La Boussole stratégique prévoit la création d’une boîte à outils hybride pour répondre à un large éventail de menaces de ce type, dont la désinformation et les cyberattaques. L’UE mettra également en place une boîte à outils hybride et des équipes d’intervention rassemblant différents instruments visant à détecter un large éventail de menaces hybrides et une boîte à outils cyberdiplomatique permettant de réagir efficacement à une cyberattaque.
Relisez les manifestations de l’automne avec cette grille. Chaque pièce y figure : cyberattaques, désinformation, pression sur les processus politiques. La seule nouveauté est l’échelle et la simultanéité.
Premier volet : l’amplification sur les réseaux
Les données sont précises. L’ONG Alliance4Europe a analysé plus de 500 000 posts sur les réseaux sociaux. Elle a identifié un réseau russe à l’origine d’au moins 600 messages coordonnés avant le 17 octobre, qui cumulent plus de 7 millions de vues.
La nuance est essentielle : la mobilisation lycéenne et celle du 17 octobre sont françaises et n’ont pas été créées par la Russie. Mais dès le début du mois de septembre, le rapport signale que des faux comptes sur les réseaux sociaux et des faux articles de presse ont essayé de s’immiscer dans le mouvement.
Les méthodes sont connues. Ces opérations prennent la forme de centaines de faux sites d’information, de comptes anonymes sur les réseaux sociaux ou de vidéos truquées de plus en plus réalistes grâce à l’intelligence artificielle. Le mode opératoire « Storm-1516 » est potentiellement coordonné par les renseignements russes, selon Viginum.
Deuxième volet : la pression cyber
En parallèle, les attaques s’enchaînent. Des hackers prorusses revendiquent des attaques DDoS contre les ports, l’industrie de défense et le SGDSN. Le jour de la grande mobilisation, le site de la CAF tombe samedi matin, un groupe prorusse vise l’ANSSI. Selon FrenchBreaches, plus de 9 millions de personnes sont potentiellement touchées par les fuites de données de cette seule journée.
L’Italie est aussi visée : le 8 octobre 2026, le ministère italien des Affaires étrangères a officiellement confirmé avoir subi une cyberattaque visant son site Internet.
L’arrière-plan étatique est documenté. En juillet, le Centre de coordination des crises cyber a observé le ciblage et la compromission d’entités françaises au moyen du mode opératoire d’attaque Turla, opéré par le 16e Centre du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB).
Le scénario d’analyse et ses limites
Partons de l’hypothèse de travail : une opération d’influence russe coordonnée. Le schéma est cohérent.

Il faut toutefois distinguer ce qui est prouvé de ce qui ne l’est pas. FrenchBreaches le rappelle : aucune preuve publique ne permet d’affirmer que les attaques d’octobre 2026 sont directement commanditées par l’État russe. Et Kevin Limonier met en garde contre l’excès inverse :
Expliquer que les manifestations ont été suscitées par des puissances étrangères représente un danger politique fondamental.
Pourquoi ? Parce que surestimer l’adversaire sert ses intérêts. L’influence russe a besoin de paraître toute-puissante. Viginum observe d’ailleurs que la publicité faite autour de ces opérations donne « plus de visibilité à des contenus qui ne sont que très peu vus par les citoyens ».
La bonne lecture est la suivante : le feu est local, mais quelqu’un souffle sur les braises. Marion Solletty résume l’enjeu : la Russie a fait de l’arsenalisation des marginalités sociales l’un de ses principaux leviers d’influence.
La Pologne, le mot « coup d’État » et l’art de fracturer l’Union
Une crise vieille de dix ans qui s’embrase
Le 30 octobre, Varsovie a offert des images inédites. La police anti-émeute a investi le bâtiment du Tribunal constitutionnel à Varsovie, au cœur d’un conflit entre le gouvernement centriste et pro-européen de Donald Tusk et l’opposition nationaliste du parti Droit et Justice (PiS).
L’origine est ancienne. Ce conflit dure depuis 2015, quand le parti PiS a nommé des juges politiquement engagés que ni Tusk ni l’UE ne reconnaissent. Le président Karol Nawrocki a interrompu son déplacement officiel au Sénégal pour rejoindre vendredi soir le tribunal assiégé par des manifestants.
Bruxelles a choisi son camp. La Commission européenne a pris le parti du Premier ministre polonais Donald Tusk en appelant le président polonais Karol Nawrocki à valider la nomination de juges pour dénouer une profonde crise politique à Varsovie.
Nommer la crise devient une arme
Le terme « coup d’État » n’est pas une rumeur. C’est un récit politique porté par la droite nationaliste. Sur son compte X officiel, le Tribunal constitutionnel a dénoncé « un coup d’État » et affirmé que son président restait en fonction. Ce récit est installé depuis longtemps : en février 2025 déjà, le parquet polonais avait ouvert une enquête visant le Premier ministre Donald Tusk, après que le président du Tribunal constitutionnel l’a accusé, ainsi que d’autres hauts responsables, d’agir en « groupe criminel organisé » pour mener un « coup d’État ».
Le mécanisme est toujours le même. Une réforme judiciaire devient un « coup d’État ». Une colère sociale devient une « intifada ». Des revendications sur la vie chère deviennent une crise de l’immigration. Chaque étiquette radicalise, chaque étiquette circule. L’adversaire n’a pas besoin d’inventer les fractures : il lui suffit de leur donner un vocabulaire et de le diffuser.
Tusk pointe lui-même le risque russe
L’hypothèse d’une exploitation ne vient pas d’observateurs extérieurs. Elle vient du chef du gouvernement concerné : Tusk a averti que des groupes prorusses pourraient exploiter le conflit politique. Le climat est lourd : l’arrestation d’un homme après un projet de tentative d’assassinat visant le Premier ministre et le ministre de la Défense a été rapportée dans les mêmes jours.
Une précision s’impose : à ce stade, aucune source publique ne démontre que des réseaux russes amplifient le récit polonais du « coup d’État ». Il s’agit d’un risque signalé, pas d’un fait établi.
Faire plier l’Europe sur l’Ukraine, ou simplement la diviser
Le levier budgétaire : « des écoles, pas des armes »
Voici le cœur du sujet pour la BITD. Dans plusieurs pays, la contestation sociale s’attaque directement à l’effort de défense. En Allemagne, les manifestations qui balaient l’Europe inspirent de jeunes Allemands, frustrés par la hausse du coût de la vie dans un contexte de dépenses militaires et de conscription. Parmi les six revendications de Gen Z Regelt figurent la hausse du coût de la vie, les coupes dans l’éducation et la conscription militaire.
En Italie, les manifestants du « No Meloni Day » réclament plus de dépenses pour l’éducation et moins pour les armes. L’arbitrage « le pain ou les canons » est posé dans la rue avant de l’être au Parlement.
Pour une puissance hostile, ce récit est très efficace. Il ne demande pas d’aimer la Russie : il suffit de trouver le réarmement trop cher. Il ne fait pas changer les opinions sur l’Ukraine : il fait de l’aide militaire un coût ressenti à chaque fin de mois.
Pour mesurer ce qui est en jeu pour les industriels français, relisez notre analyse de la LPM actualisée et du positionnement des PME de défense : chaque milliard programmé devra désormais être défendu devant l’opinion, pas seulement devant Bercy.
Le levier politique : diviser plutôt que convaincre
Moscou n’a pas besoin d’une Europe prorusse. Une Europe paralysée lui suffit. La crise actuelle en donne une démonstration : Donald Tusk, pourtant l’un des dirigeants les plus anti-Kremlin de l’Union, a établi un lien entre les émeutes et l’immigration. Il a estimé que la Pologne « ne paierait pas le prix des erreurs des autres États », laissant la France et l’Espagne isolées sur la politique migratoire.
Le même scénario se joue ailleurs. Le ministre italien de l’Éducation, Giuseppe Valditara, a affirmé que « la situation en Italie est très différente de la France », reprenant une thèse de l’extrême droite. Chaque capitale explique que le désordre vient de chez le voisin. Chaque fois, la solidarité européenne recule d’un cran.
Jean-Marie Colombani le résume dans un podcast pour Slate : la Russie est le premier suspect de la diffusion de vidéos virales sur les plateformes, dans la continuité de son objectif d’« affaiblir, voire détruire l’Union européenne ».
Le facteur américain : un second acteur à ne pas oublier
Une analyse honnête ne peut pas s’arrêter à Moscou. Les experts interrogés par Le Grand Continent décrivent une convergence entre une partie du mouvement MAGA et la Russie autour du thème du déclin européen, avec des moyens différents : soutien affiché d’un côté, opérations jamais assumées de l’autre. Le président américain Donald Trump et le vice-président JD Vance ont critiqué les manifestations, et Donald Trump a attribué les troubles en France à l’immigration.
Conséquence pour vous : le front informationnel n’a pas un seul adversaire. Vos messages doivent tenir face à plusieurs récits concurrents.
Retour sur la France : un État sous pression sur plusieurs fronts
Pourquoi la France est une cible prioritaire
Selon Marion Solletty, côté russe, il y a cette obsession selon laquelle la France et l’Europe menaceraient l’intégrité même de la structure impériale de la Russie. Elle explique que la France est visée pour sa puissance militaire et son rôle moteur dans la coalition des volontaires, mais aussi pour sa grande faiblesse : polarisation et divisions internes.
L’échéance de 2027 aggrave l’exposition. Les opérations ont déjà commencé : Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal, trois candidats à l’élection présidentielle, ont pour point commun d’avoir été la cible d’ingérences numériques entre fin juillet et début août.
Un État qui doit tenir sur trois fronts à la fois
Le maintien de l’ordre absorbe des moyens considérables. Les autorités françaises ont annoncé le déploiement de 70 000 policiers samedi, après certaines des pires émeutes depuis des décennies. Le gouvernement est aussi critiqué pour ses méthodes : plusieurs lycéens sont grièvement blessés et des dizaines d’enquêtes de l’IGPN sont ouvertes.
Ordre public, cyberdéfense, tenue budgétaire : un État qui doit tout gérer en même temps arbitre sous contrainte. Et dans les arbitrages sous contrainte, les programmes de défense deviennent la variable d’ajustement la plus tentante.
Les entreprises de la BITD : quatre risques concrets
L’analyse globale débouche sur une réalité très concrète pour votre entreprise. Voici les quatre risques à évaluer dès maintenant.
Risque n°1 : l’image, ou devenir le symbole des « marchands de canons »
Dans un récit qui oppose les armes et le pain, l’industriel de défense devient un coupable tout trouvé. Votre site de production, vos résultats financiers et vos contrats publics peuvent être retournés contre vous en un seul post viral. Le risque n’est pas seulement de subir une campagne : c’est d’être absent du débat quand elle démarre.
Risque n°2 : le cyber et la sûreté physique
L’industrie de défense figure déjà dans les cibles revendiquées par les groupes prorusses cet automne. La France était déjà exposée : en juin 2026, Microsoft plaçait la France parmi les huit pays de l’OTAN les plus ciblés par des cyberattaques d’origine russe. Une PME sous-traitante est souvent le maillon le plus facile pour atteindre un grand donneur d’ordre.
Les attaques contre la grande distribution montrent aussi que les systèmes industriels connectés, comme les automates et la régulation, sont désormais des cibles. Pour structurer votre réponse, appuyez-vous sur notre décryptage du guide DRSD de la sûreté pour les PME et ETI de la BITD.
Risque n°3 : le recrutement face à une Gen Z sceptique
La génération qui manifeste contre la conscription à Berlin est celle que vous cherchez à recruter comme ingénieurs, techniciens ou opérateurs. Si votre activité est perçue comme le contraire de ses priorités (éducation, climat, pouvoir d’achat), votre attractivité s’effondre avant même l’entretien.
La réponse passe par le sens : souveraineté, protection, emplois qualifiés dans les territoires. Nous avons détaillé cette approche dans notre article sur la marque employeur face à la guerre des talents ingénieurs dans la défense.
Risque n°4 : la continuité de production en économie de guerre
Blocages routiers, pénuries de carburant, grèves, sites perturbés : l’exemple italien montre qu’un mouvement social peut couper les chaînes logistiques en quelques jours. Pour une PME engagée sur des cadences, chaque jour d’arrêt pèse sur la crédibilité industrielle. Ce sujet relève de la gouvernance, comme nous l’expliquons dans notre analyse sur l’industrialisation et la gouvernance des PME de défense en économie de guerre.
Risque Signal faible à surveiller Réponse prioritaire Image Mentions négatives de votre secteur dans les hashtags des manifestations Récit d’utilité locale prêt à diffuser Cyber et sûreté Revendications DDoS visant la défense Audit, procédure de crise, messagerie souveraine Recrutement Baisse des candidatures des moins de 25 ans Marque employeur fondée sur le sens Continuité Appels au blocage dans votre bassin logistique Plan de continuité d’activité, stocks tampons
Que faire : un plan de riposte en communication pour les dirigeants
1. Défendre l’utilité sociale de votre activité sans tomber dans la propagande
Le récit « des armes contre le pain » repose sur une opposition. Votre rôle est de montrer que cette opposition est fausse dans votre territoire : emplois qualifiés, apprentis formés, sous-traitants locaux, protection de la population. Des faits locaux et vérifiables convaincent mieux que des grands discours sur la souveraineté.
2. Ne pas laisser le terrain vide
Le silence n’est pas neutre. En période de guerre informationnelle, l’espace que vous ne prenez pas est occupé par d’autres. Les dirigeants qui s’expriment régulièrement, avec mesure, se construisent une crédibilité qui les protège le jour où la tempête arrive. C’est tout l’enjeu de notre analyse sur le coût du silence des dirigeants de la BITD sur LinkedIn.
3. Préparer la crise avant qu’elle ne vous trouve
- Une veille des récits, et pas seulement des mentions de votre marque : surveillez comment votre secteur est qualifié dans le débat public.
- Une procédure de crise toute prête, avec messages de premier niveau validés, porte-parole désignés et circuit de décision court.
- Des canaux internes sécurisés, pour que vos salariés entendent votre version avant celle des réseaux.
- Une règle de prudence sur l’attribution. N’accusez jamais publiquement une puissance étrangère sans preuve : vous offririez à l’adversaire la visibilité qu’il recherche.
Une marque de défense ne se protège pas en se cachant. Elle se protège en ayant été crédible avant la crise.
Conclusion : la confiance comme actif stratégique
Résumons. La colère européenne est réelle, et elle est nourrie par le coût de la vie et le délabrement des services publics. Une puissance hostile l’exploite par l’amplification sur les réseaux, la pression cyber et l’exploitation des fractures politiques, de Paris à Varsovie. Son objectif n’est pas forcément de faire changer l’Europe d’avis sur l’Ukraine : la diviser et rendre le réarmement impopulaire lui suffit.
Pour les entreprises de la BITD, la conséquence est directe. Votre légitimité, votre attractivité et votre continuité d’activité dépendent désormais de votre capacité à exister dans le débat public et à résister à une crise de réputation. Cela demande de construire méthodiquement la confiance avant d’en avoir besoin.
C’est précisément l’objet du Capital Confiance & Expérience d’Autour de l’Image : cartographier vos vulnérabilités de réputation, construire le récit qui tient face aux attaques, préparer vos dispositifs de gestion de crise et aligner vos parties prenantes (clients, salariés, territoires) avant que d’autres ne racontent votre histoire à votre place.